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TheTibulle
Biographie
Tout ce qu'on sait de Tibulle, c'est ce que nous en disent ses Élégies ainsi qu'un passage d'Horace et une vie biographique anonyme tardive.
Il naît à Gabies, vers –54 dans une famille équestre rustique et aisée, mais dont la fortune avait été sérieusement écornée par les redistributions de terres aux vétérans en –41, mesure qui toucha également Virgile, Horace et Properce. La propriété familiale se situait sur le territoire de Pedum, entre Tibur et Préneste. On suppose qu’il perdit son père de bonne heure et qu’il fut élevé entre sa mère et sa s½ur. M. Valerius Messalla Corvinus fut son protecteur constant et fit de lui un des favoris de son cercle. Tibulle prit part aux deux expéditions militaires menées par Messalla en Gaule et en Orient.
Son amitié avec Horace est attestée par les deux pièces que ce dernier lui adressa : l’ode I, 33 et l’épître I, 4. Sa mort suivit de très près celle de Virgile, et la quasi-simultanéité de ces deux disparitions ne manqua pas de frapper les esprits, ainsi qu’en témoigne cette épigramme d’un poète contemporain, Domitius Marsus :
Te quoque Vergilio comitem non aequa, Tibulle, Mors iuuenem campos misit ad Elysios, Ne foret aut elegis molles qui fleret amores Aut caneret forti regia bella pede.
« Toi aussi, Tibulle, pour y accompagner Virgile, Une mort inique t’a, dans la fleur de l’âge, envoyé aux Champs-Elysées, Afin qu’il n’y eût plus personne pour pleurer les tendres amours en vers élégiaques Ni pour chanter les guerres des rois sur le mètre héroïque. »
Cette tragique coïncidence fut-elle le pur fruit du hasard ? Certains en doutent aujourd’hui, mettant en cause la responsabilité de l’empereur. En ce qui concerne Tibulle, les soupçons se fondent particulièrement sur l’analyse de l’épître I, 4 d’Horace et de l’élégie III, 9 des Amores d’Ovide1.
Que Tibulle ait été un opposant du régime augustéen et un adepte assidu de la cacozelia latens, ou « écriture secrète » - pratiquée par Virgile, Horace, Properce et Ovide -, c’est ce qui ressort d’une lecture attentive des deux pièces qu’Horace lui a adressées. L’épître I, 4, par exemple, précise que ce poète réputé tendre et inoffensif devait, dans ses élégies, « vaincre les opuscules de Cassius de Parme » : or, Cassius de Parme était l’un des assassins de Jules César, et son calame valait une dague.
Thursday, 28 February 2008 at 6:41 PM